Cher Journal.
Nous sommes le 11Avril 1820. Au jour d'aujourd'hui , j'ai 16ans.
Depuis quelques temps, j'ai une question qui me hante; dans quel monde vivons nous?
En tout cas une chose est sûre, un monde qui n'est pas fait pour moi. Tout ce que je vois, c'est une vieille Europe, pleine de guerres inutiles dont le seul but est d'agrandir ses conquêtes, tel
des animaux qui cherchent à élargir leur territoire; un continent où le pouvoir et l'argent règnent, où rien n'a d'autre valeur que le rang que l'on a dans la société. Le pays est instable, aucun
régime politique n'est vraiment établi, l'on sort juste des années de l'Empire. Ah! Napoléon Ier, ce grand homme! Ce n'est pas son côté conquérant que je lui envit, mais plutôt d'avoir vu et
visité tout ces pays, ces paysages. Il a toujours concrétisé ses ambitions, ses envies. Mais il a fait place à Napoléon III, cette miniature d'empereur, qui au lieu de se forger sa propre
réputation et son propre empire, n'a rien trouvé de mieux a faire que de récupérer les restes du précédent. Tout ce monde me dégoûte.
Je me sent à l'étroit, je veux échapper à tout cela, à cette civilisation malsaine. Je voudrais monter au sommet d'une montagne, être au-dessus des nuages, loin de ce grouillement qui serait
au-dessous de moi. Plus les jours passent et plus je sent cette langueur qui m'atteint le coeur, qui me rend indifférent à tout. Mes sens ne s'éveillent que lorsque j'entend des nouvelles de ces
artistes, ces scientifiques et autres grands hommes d'esprit qui reviennent de leur Grand Tour, qui en décrivent la beauté des paysages, des femmes orientales , le luxe des maisons. Je me régal,
tel un fin gourmet en lisant des poémes évoquant l'Orient et toutes ses merveilles. Rien ne me met plus en joie que les musiques de Liszt qui poussent mon esprit a vagabonder.
Ô comme je veux fui ce monde cher journal! Malheureusement, peu de solutions se présentent à moi pour fuir cette douloureuse réalité.M'enfuit en Amérique, ce continent nouveau-né, où tout est
encore a faire? Un pays vierge de tout passé, de toute histoire. Des étendues de terre à perte de vue, ces animaux sauvages, et ces plantes qui me sont encore inconues. Je prendrais plaisir à
découvrir, à tout détailler. Je me fondrait dans ces civilisation aborigénes, leur apprendrait les base de la civilité, mais pas trop pour ne pas qu'ils se « polluent » à la maniére de
ces Européens entétés, dominateurs et mégalomans.J'apprendrais avec enthousiasme leurs traditions ancestrales, leur hitoire. Ah! Comme j'envie leur vie, loin de cette modernité occidentale!
Ou alors tenter le grand saut, le voyage d'une vie, celui qui vous raméne un homme totalement différent. Je parles bien sûr du « Grand Tour »! Ce voyage qui initie tous les artistes.
Là-bas je me ferait l'ami de tous ces grands esprits, je passerais mon tempsà m'extasier devant toutes ces merveilles orientales et les graverais à jamais dans ma mémoire. A mon retour, tout le
monde voudrait savoir quelles étaient mes occupations là-bas, je leur conterais les aventures des sultans, les oasis, les danses du ventre auquelles j'ai assistés, toutes ces splandeurs et
pierres précieuses que j'ai vu. Je serais admiré de tout le monde, grands et petits. Je serais un grand homme , à l'égal de tout ces explorateurs.
Mais malheureusmeent cher journal, je suis à Paris au coeur de cette vieille Europe malsaine, assis devant mon bureaun regardant par la fenêtre, et je constate avec horreur et tristesse que
malgrés le printemps déjà bien avancé, il pleut, une fois encore...